de Rabîndranâth Tagore traduit par André Gide

Lecteur Aymeri Suarez-Pazos

Joueur de Tabla Debojyoti Sanyal

Durée : 1 heure

Le grand poème de Rabîndranâth Tagore invite au dialogue de la musique et du silence. Le poète se compare à un musicien qui ayant fait et composé ses chants, s’en remet à son Maître, celui qui fit le monde, aspire à sa présence, à l’inouï et déjà perceptible. Traduit en France par Gide, en Angleterre par Yeats, il fut un pont entre la pensée indienne et l’Occident, la transmettant dans son essence et son expression la plus simple, l’auteur, prix Nobel indien, ayant lui-même étudié en Angleterre et parcouru le monde. La présence dans notre forme de Debojyoti Sanyal au tabla vient rendre les rythmes indiens en réponse au chant traduit en notre langue.

créé en 2019 au Château de Crémault

XIII

Le chant que je devais chanter n’a pas été chanté jusqu’à ce jour.

J’ai passé mes jours à accorder et à désaccorder ma lyre.

Je n’ai pas pu trouver le juste rythme ; les mots n’ont pas été bien assemblés ; il reste seulement l’agonie du souhait dans mon cœur.

La fleur ne s’est pas ouverte ; seulement, auprès d’elle, le vent soupire.

Je n’ai pas vu sa face, je n’ai pas prêté l’oreille à sa voix ; seulement, j’ai entendu ses pas tranquilles sur la route devant ma maison.

Tout le long jour de ma vie s’est écoulé tandis que je dressais dans ma maison son siège ; mais la lampe n’a pas été allumée, et je ne puis l’inviter à entrer.

Je vis dans l’espoir de sa rencontre ; mais cette rencontre n’est pas encore.

Gitanjali (L’offrande lyrique)