
Seul en scène écrit, mis en scène et interprété par Aymeri Suarez-Pazos.
Après quatorze années en cellule pour des faits commis dans sa minorité, un homme, à la veille de sa libération, passe sa dernière nuit en prison. A côté de lui, une pile de lettres jamais lues.
A la suite d’un long travail d’écriture en immersion en milieu carcéral ainsi que des ateliers menés avec des détenus, Aymeri Suarez-Pazos a écrit avec « Prison centrale – Et maintenant je sors demain » la lente reconstruction par les mots, d’un homme qui a tout perdu.
Sur le plateau quasi-nu (excepté une chaise et la pile de lettres) Aymeri Suarez-Pazos, exceptionnel, joue ce personnage d’une dureté glaçante qui ne parvient pas à maîtriser ses émotions mais dont ressort aussi outre la rage, une naïveté ainsi qu’une forme d’émerveillement développé grâce aux mots.
Le texte mélange un langage brut et authentique sans le moindre effet de style avec quelques fulgurances poétiques. Le comédien éblouit par sa virtuosité à rendre la nervosité de cet homme et accroître le débit des mots. La création sonore et musicale de Charlène Martin le soutient avec efficacité et l’ensemble convainc largement.
Un spectacle d’une puissance phénoménale. Une fascinante plongée en apnée dans l’univers carcéral pour faire entendre une parole rédemptrice. Un uppercut !
Nicolas Arnstam